Le chômage demeure élevé parmi les jeunes et les femmes

Selon de nouveaux chiffres publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP), le nombre total de chômeurs a connu un recul passant de 1.236.000 à 1.172.000 personnes, entre le troisième trimestre de l’année 2017 et la même période de 2018. Ce qui s’est traduit par une baisse de 64.000 personnes au niveau national, 29.000 en milieu urbain et 35.000 en milieu ru...
Source : Libération
Posté Le : Vendredi 9 novembre 2018

Ainsi, « le taux de chômage est passé de 10,6 à 10% au niveau national ; de 14,9 à 14,3% en milieu urbain et de 4,6 à 3,9% en milieu rural », a relevé dans une récente note l’organisme public.

Mais à y regarder de plus près, il n’y a pas de raison de se réjouir de ce recul puisque le chômage continue à faire des ravages parmi les jeunes, les femmes et les diplômés.

En effet, force est de constater que ce taux est resté relativement élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (27,5%), les femmes (13,8%) et les diplômés (17,1%).

En outre, les données recueillies par le Haut-commissariat laissent apparaître un chômage relativement élevé parmi les diplômés de la formation professionnelle.

Ainsi qu’il l’a relevé dans sa note et « selon le diplôme, le taux de chômage des détenteurs d'un diplôme de formation professionnelle (23,9%) est supérieur à celui de l'ensemble des diplômés âgés de 15 ans et plus (17,1%). Il est nettement plus élevé parmi les femmes (36,5%) que les hommes (19,3%) et parmi les citadins (24,2%) que les ruraux (20,6%) », a indiqué le HCP.

S’agissant toujours de cette catégorie, le Haut-commissariat a noté également que le chômage affecte beaucoup plus les jeunes âgés de 15 à 29 ans, avec un taux de 42,6% (52,3% parmi les femmes et  37,7% parmi les  hommes). Il est de 14,3% parmi les personnes âgées de 30 à 44 ans et de 3,7% parmi celles âgées de  45 ans et plus.

L’autre indice qui laisse place à un satisfecit prudent concerne le nombre de chômeurs à la recherche d’un premier emploi. A ce propos, il apparaît que près de 6 chômeurs sur 10 (57%) sont à la recherche de leur premier emploi (51,8% parmi les hommes et 68,1% parmi les femmes).

« Les deux-tiers des chômeurs (67,7%) chôment depuis une année ou plus (64,4% parmi les hommes et 74,7% parmi les femmes). D’un autre côté, 26,8% des chômeurs se sont retrouvés dans cette situation suite au licenciement (21,9%) ou à l’arrêt de l’activité de l’établissement employeur (4,9%) », a souligné le HCP expliquant qu’environ 8% des chômeurs sont découragés par la recherche active d’un emploi et qu’ils sont à 86% citadins, 56% masculins, 53% jeunes âgés de 15 à 29 ans et 80% diplômés.

Dans sa note, soulignons que le HCP a aussi noté des améliorations sur le front du sous-emploi, entre le 3ème trimestre de 2017 et la même période de 2018. Selon ses observations, « le volume des actifs occupés en situation de sous-emploi a baissé de 1.027.000 à 1.022.000 personnes au niveau national, de 479.000 à 484.000 personnes dans les villes et de 548.000 à 538.000 à la campagne ».

Il ressort ainsi que le taux de sous-emploi est passé de 9,9 à 9,7% au niveau national, de 8,3 à 8,2% en milieu urbain et de 11,8 à 11,6% en milieu rural, alors que le taux de sous-emploi des hommes (11%) est deux fois plus élevé que celui des femmes (5,3%).

S’il est presque de même niveau dans les villes (8,2% parmi les hommes et 8,5% parmi les femmes), ce taux est 6,5 fois plus important parmi les hommes (14,8%) que parmi les femmes (2,3%) en milieu rural.

En ce qui concerne la population active occupée sous-employée, les données analysées suggèrent qu’elle est en majorité masculine (88%), rurale à 52,7%, jeune ne dépassant pas 30 ans à 37% et diplômée à 45,6%.

Le Haut-commissariat a noté aussi que parmi les 1.022.000 personnes en situation de sous-emploi, 853.000 (83,5%) exercent un emploi rémunéré (82,6%parmi les hommes et 90% parmi les femmes).  

« Les deux tiers des personnes en situation de sous-emploi (681.000) le sont pour des raisons liées à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi », a-t-il souligné.

Selon les principaux indicateurs du marché de travail observés durant la même période, 71,5% des chômeurs sont concentrés dans les régions de Casablanca-Settat (24,4%), Rabat-Salé-Kénitra (16,1%), Fès-Meknès (10,2%), Marrakech-Safi (9,2%) et l’Oriental (11,6%).

Ces indicateurs suggèrent également que « les taux de chômage les plus élevés sont observés dans les régions de Laâyoune-Sakia El Hamra avec 19,4%, de Guelmim-Oued Noun (17,3%), de l’Oriental (17,3%) et d’Eddakhla-Oued Eddahab (13,1%) », a noté le HCP soulignant, en revanche, que les taux les plus bas sont relevés dans les régions de Marrakech-Safi (6,8% )et de Béni Mellal-Khénifra (4,9%).

Enfin, entre le troisième trimestre de l’année 2017 et la même période de 2018, il ressort que l’économie marocaine a créé 122.000 postes d’emploi, 118.000 en milieu urbain et 4.000 en milieu rural.

En détail, « les services ont créé 98.000 emplois, l’"industrie y compris l'artisanat" 19.000, l’"agriculture, forêt et pêche" 9.000 alors que le secteur des BTP en a perdu 4.000 », a noté le Haut-commissariat.